
Photographié par Patrick Carrier (LOEX)
Depuis sa création en 1995, le LOEC a mis à profit les techniques du génie tissulaire afin de reconstruire en laboratoire une cornée humaine. La méthode publiée dans la revue Pathobiology consiste à faire la culture de cellules épithéliales cornéennes (provenant du limbe qui contient des cellules ayant un plus grand potentiel de prolifération) sur un gel de collagène renfermant des kératocytes (fibroblastes) cornéens. On amorce d'abord la fabrication de la partie stromale en mélangeant une suspension de kératocytes (fibroblastes) cornéens à une solution de collagène. On dépose le tout dans un milieu de culture pendant environ quatre jours durant lesquels les kératocytes (fibroblastes) remodélisent le gel. Lorsque le stroma est reconstruit, on y cultive une suspension de cellules épithéliales cornéennes afin de former l'épithélium cornéen. L'interaction entre les deux couches de cellules permet d'obtenir des reconstructions tridimensionnelles ayant des aspects morphologiques et histologiques similaires au tissu d'origine. Finalement, les cornées reconstruites sont mises à l'interface air/liquide afin d'améliorer la différenciation des cellules épithéliales. Des recherches sont présentement en cours afin de mettre à profit l'expertise du LOEC dans le but d'ajouter la couche endothéliale à ce modèle.
Visées scientifiques
La reconstruction d'une cornée humaine in vitro permet à notre équipe de déterminer les mécanismes biochimiques impliqués dans la cicatrisation de l'épithélium cornéen. Le modèle tridimensionnel rend possible l'analyse de la production de divers types d'intégrines permettant aux chercheurs d'analyser et peut-être même d'améliorer la vitesse et la qualité de la cicatrisation. En effet, les études sur ce sujet revêtent une grande importance, car une mauvaise cicatrisation de la cornée peut compromettre sérieusement les capacités visuelles du patient. Tout comme la peau produite par génie tissulaire, ce modèle tridimensionnel pourra être utilisé lors de tests pharmacologiques pour étudier in vitro l'impact des médicaments administrés dans le cas de déchirures, de brûlures, d'irritations, etc.